N° 62 RACINES MACONNIQUES

Legende :Cahier N° 62
Legende :Cahier N° 62

L’Austrasie entre cathédrales et Mozart : l’Alsace


Les cathédrales, symboles du religieux et de sa présence au monde, sont aussi le témoignage toujours vivant du travail accompli par les compagnons artistes et constructeurs qui les ont édifiées. Non seulement ces monuments, riches en symboles, proposent une forme de lecture édifiante du plan maçonnique qui y est parfois caché mais encore ils témoignent d’une civilisation où les bâtisseurs étaient aussi des philosophes, les chefs de chantier des métaphysiciens. Ils nous ont appris à lire le sublime dans l’immédiat, le spirituel dans le matériel, l’indéchiffrable dans le déchiffrable.
                      
L’Austrasie, berceau de la civilisation carolingienne, dont on peut dire qu’elle fut l’Europe avant l’Europe, fut, à ce titre, une sorte d’«Empire du Milieu» c’est-à-dire le lieu géométrique de la rencontre entre l’au-delà et le tangible, l’espéré et le ressenti, le prophétique et le quotidien. De ce point de vue des témoignages aussi différents que celui des cathédrales, qu’on peut dire «initiatiques», et celui de la musique de Mozart, qu’on peut appeler «initiante», sont la preuve que le chemin spirituel peut emprunter des voies matérielles variées et que, dès lors, tout est rituel c’est-à-dire renvoie à une expansion du sacré en l’homme et autour de lui. Mais la comptabilité des moyens pour exprimer le plan supérieur émanant d’une architecture ou d’une musique n’a rien à voir avec la compatibilité soudaine des plans supérieurs avec le monde et avec l’homme qu’elles sont susceptibles d’établir ; c’est cette rupture qui fait le fond de l’Initiation et qui honore le terroir maçonnique européen dans son effort d’universalité. L’histoire de la Maçonnerie européenne est à la hauteur de ses ambitions.


 
SOMMAIRE du n°62

La symbolique de la façade de Notre-Dame de Paris
par Dominique de Lagaye

La Franc-Maçonnerie au regard des juges de Starsbourg
par Christian Huglo

Le rituel de réception de Mozart
par Jean Van Win