L’HERMIONE Frégate des lumières

L’HERMIONE Frégate des lumières Robert Kalbach- Jean-Luc Gireaud

DERVY, 2008, 332 pages, 23€

Comment ne pas évoquer, au moment des Premières Rencontres La Fayette entre la GLNF et le GODF, au siège de cette dernière, le mythique bateau qui réalisa la traversée des lumières

L'Histoire, tout d’abord. « Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l’indifférence ou la résignation ». La Fayette a été l’un d’eux, il reste aujourd’hui un symbole. Reconstruire l’Hermione, la frégate qu’il emprunta pour gagner l’Amérique, c’est rendre à La Fayette un hommage authentique et conserver la mémoire d’une grande aventure de solidarité entre les hommes.

Depuis juillet 1997, l'Association Hermione-La Fayette s'est lancée dans une formidable aventure, la reconstruction de la frégate Hermione, navire, qui, en 1780, permit à La Fayette de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance. Reconstruire l’Hermione, c’est reconstituer un élément de notre patrimoine maritime. C’est engager un grand chantier au service de l’économie et de la culture de toute une région.

Parce qu'on a besoin de mémoire pour construire l'avenir.

Rochefort, ville nouvelle du 17ème siècle doit sa naissance à la décision de Colbert d'implanter sur les rives de Charente un nouvel arsenal du Royaume de France dans le but de construire, armer, approvisionner et réparer une flotte de guerre capable de résister aux assauts ennemis.

Aujourd'hui Rochefort s'invente un autre avenir mais en l'appuyant sur un patrimoine unique au monde, constitué par l'ancienne Corderie Royale restaurée après 20 ans d'efforts, joyau de l'ancien Arsenal et par les formes de radoub dont la plus ancienne remonte au 17ème siècle.

La reconstruction d'un navire du 18ème siècle s'intègre dans cette reconquête d'une identité, elle veut aussi apporter à la France un témoignage de son histoire navale en même temps qu'un symbole de la fraternité franco-américaine à travers un navire qui a attaché son nom à celui d'un homme, La Fayette, symbole du soutien français aux insurgés d'Amérique.

En 1778, dans l'arsenal de Rochefort sur une cale de construction proche de la Corderie Royale, l'Hermione était mise en chantier.

Navire de plus de 65 mètres de longueur hors tout, doté d'une voilure de 1500 m2 répartie sur trois mâts, l'Hermione fut construite sur les plans de l'ingénieur Chevillard Aîné.

Elle faisait partie, avec la Courageuse, la Concorde et la Fée, d'une série de quatre frégates mises en chantier à Rochefort.

Appartenant à la catégorie de frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l'Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d'où son nom de « frégate de 12 ». Longue de 44,20 m, large de plus de 11 m, la frégate nécessita 11 mois de travail pour des centaines de charpentiers, forgerons, perceurs, cloueurs, calfats... bagnards... pour un total de plus de 35 000 journées de travail.

« Du premier moment où j'ai entendu prononcer le nom de l'Amérique, je l'ai aimée ; dès l'instant où j'ai su qu'elle combattait pour la liberté, j'ai brûlé du désir de verser mon sang pour elle ; les jours où je pourrai la servir seront comptés par moi, dans tous les temps et dans tous les lieux, parmi les plus heureux de ma vie » déclare La Fayette. Eté 1776, la rupture est consommée entre l'Angleterre et les « insurgents », les insurgés, partisans de l'indépendance des colonies anglaises en Amérique du Nord.

En janvier 1779, de retour d'Amérique où il s'était porté volontaire au service de la cause américaine, Gilbert Motier, marquis de La Fayette, gentilhomme français âgé de 21 ans, s'efforce d'obtenir pour elle le soutien officiel de la France. Il réussit à convaincre le roi Louis XVI et son état-major d'apporter une aide militaire et financière aux troupes du Général Washington.

Le 21 mars 1780, le jeune major général de La Fayette embarque à bord de l'Hermione. Il part combattre aux côtés des insurgés américains qui luttent pour leur indépendance.

Il débarque à Boston après 38 jours de traversée et rejoint le général Washington pour lui annoncer l'arrivée imminente des renforts français.

Dix-huit mois plus tard, les « insurgents » américains, auxquels s'est joint La Fayette remportent dans la baie de la Chesapeake sur mer, puis à Yorktown sur terre des victoires décisives avec l'appui des troupes françaises conduites par Rochambeau et de Grasse.

Source : http://www.hermione.com/accueil/

Les valeurs des Lumières, enfin, nous sont révélées avec cette fantastique histoire que celle de cette frégate, avec à son bord La Fayette à la rescousse de G. Washington pour la guerre d'indépendance américaine. Des hommes « éclairés », pour ne pas dire « initiés » par les valeurs des « Lumières ». Une fraternité d'armes qui devrait aujourd'hui resservir à renouer le lien entre les deux rives de l'Atlantique !

Né à Paris, Robert Kalbach a passé une bonne partie de sa vie à La Rochelle où il réside. Directeur de l'Institut d'Études Françaises pour étudiants étrangers de La Rochelle de 1967 à 1982, il exerce parallèlement les fonctions d'adjoint au Maire de La Rochelle, capitale historique de l'Aunis et préfecture du département de la Charente-Maritime, en région Poitou-Charentes, chargé des affaires culturelles et internationales de 1976 à 1983. Nommé à l'Ambassade de France à Vienne, Autriche (1982-1986), il contribue à l'organisation de l'exposition "Vienne 1900" présentée en 1985 à Vienne et en 1986, à Paris, au Centre Pompidou.

De 1988 à 1993, il occupe les mêmes fonctions à l'Ambassade de France à Berlin-Est, ex-RDA où il contribue aux manifestations du bicentenaire de la Révolution Française. Après quoi il retrouve Paris où il achève sa carrière. Depuis lors, il consacre son temps à l'écriture et à diverses activités culturelles et continue d'œuvrer aux relations entre la France et l'Allemagne, en qualité de conseiller près la Commission de coopération Franco-Allemande. Il est l'auteur avec Jean-Luc Gireaud de Quand le Dogme chassa la Lumière aux Editions du Pierregord (2011).

 

Quant à Jean-Luc Gireaud, il est ancien membre de la municipalité de Rochefort-sur-Mer, aussi en Charente-Maritime et ville d’art et d’histoire, et est l’un des fondateurs de l’association. Depuis 1995, il consacre son temps à l’étude de la frégate l’Hermione et de son histoire.