L’initiation des femmes de l'Antiquité à la Franc-Maçonnerie

 L’initiation des femmes de l'Antiquité à la Franc-Maçonnerie  

Lucie Leforestier MdV Editeur, N°70,

Coll. Les symboles Maçonniques, 120 pages, 10,90 € (Version imprimée) - 6,49 € (Version numérique)

 

Parler de l’initiation des femmes sur une période aussi vaste peut relever du challenge. L’auteure s’en acquitte brillamment.

Lucie Leforestier adopte un plan clair des plus lisibles. Partant de l’Egypte ancienne, l’auteure traite de Babylone, de la Crète et de la Grèce ancienne, pour ensuite survoler l’Empire romain.

La transmission initiatique remonte aux communautés féminines égyptiennes et aux Initiées d'Isis. Les Grecs et les Romains perpétuent cette lignée avec les servantes d’Artémis (procession, immersion d'une idole, banquet sacré, etc.). Puis les Vestales, instituées par Numa, le collège des vestales était constitué de quatre puis six et peut-être sept prêtresses qui étaient recrutées parmi les jeunes filles des plus anciennes familles de Rome, pour entretenir le feu sacré de la déesse Vesta, déesse vierge du foyer du peuple romain et, par extension, de la maison et de la famille dans la religion romaine. Quant aux Bacchantes, elles étaient des femmes qui célébraient les mystères de Dionysos-Bacchus. Les premières qui portèrent ce nom furent les nymphes nourrices de Bacchus qui le suivirent à la conquête des Indes. Mais cette Tradition initiatique du Feu et de l'Eau, du pouvoir féminin, s'est perpétuée aussi chez les Celtes. 

Ensuite, citant Angélus Silésius, elle n’hésite pas à aborder le mystère marial, les chanoinesses de Remiremont, communauté séculière et féodale, réservée aux jeunes filles de la haute noblesse qui, pour y être admises, doivent faire la preuve de huit quartiers de noblesse. Le Chapitre de Remiremont dépend directement de l'Empereur pour le temporel (la Mère abbesse possède le titre de Princesse d'Empire) et du Pape pour le spirituel. Chaque lundi de Pentecôte, les paroisses voisines rendaient hommage à ce chapitre au cours d'une cérémonie appelée Kyrioles.

Et de nous dresser aussi le portrait passionnant de grandes figures telles que Herrade de Landsberg (1125/1730-1195) abbesse, poète et encyclopédiste, et de Hildegarde de Bingen (1098-1179) religieuse bénédictine mystique, compositrice et femme de lettres.  

Enfin, Lucie Leforestier, aborde la maçonnerie féminine par le prisme de celle dite d’adoption. Maçonnerie codifiée par le GODF en 1774, soit un an après sa création. Toutefois, l’Epître aux dames, parue en 1763 et fixée en 1785, précise la condition réservée à nos sœurs.

Depuis plus de 25 ans, Lucie Leforestier travaille sur l'importance de l'initiation féminine et son enseignement au travers des différentes traditions.