Thé, Café ou Chocolat ? L'essor des boissons exotiques au XVIIIe siècle Musée Cognacq-Jay Du 27 Mai au 27 Septembre 2015

 

Louées pour leurs vertus médicales et thérapeutiques, les boissons dites « exotiques », introduites au XVIIe siècle en Europe, ont été associées aux plaisirs et aux sociabilités du XVIIIe siècle.

Les boissons issues du cacaoyer, du caféier et du théier – plantes exogènes à l’Europe – ont fait partie intégrante des sociabilités de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie dès leurs introductions officielles auprès des cours d’Europe. En tant que matière importée, leur coût d’achat classe au XVIIe et au XVIIIe siècles le thé, le café et le chocolat parmi les produits de luxe et ajoute à leur consommation celle de l’image affichée du prestige. Leur consommation s’est matérialisée dans l’apparition de mobiliers et de nécessaires ou services produits dans les manufactures. Elle a aussi permis l’existence de lieux de consommation publique, les cafés, et de nouvelles pratiques de table, telles le petit déjeuner et le goûter, qui se diffusent progressivement dans la société. Organisée autour de trois axes – « Vertus et dangers des boissons exotiques », « Cercles de consommation » et « Nouveaux services » –, cette exposition propose une nouvelle lecture de ces boissons entrées dans les rituels du quotidien, en présentant des œuvres de nombreux artistes emblématiques du XVIIIe siècle comme Boucher ou Chardin.

Une très belle et enrichissante exposition que nous devons à la commissaire Mme Rose-Marie Herda-Mousseaux, conservateur du patrimoine et directrice du musée Cognacq-Jay, avec la collaboration scientifique de M. Patrick Rambourg, chercheur et historien spécialiste de la cuisine et de la gastronomie, et de M. Guillaume Séret, historien de l'art spécialiste de la porcelaine de Sèvres.

Ces boissons n’ont pas d’exotique que leur nom. Une symbolique, toujours vivante, les accompagne.

Le thé est d'origine chinoise, où il est connu depuis l'Antiquité. Il a été importé de Chine au XVIe siècle par les commerçants portugais en Europe, puis introduit en France comme plante digestive par les Jésuites

L’initié aura à l’esprit la "cérémonie du thé" au Japon, rituel traditionnel inspiré en partie par le bouddhisme zen dans lequel le thé vert en poudre est préparé de manière "cérémoniale" par un praticien expérimenté. Sa signification symbolique fait que la tasse symbolise notre corps et le thé notre esprit.

Comme une tasse remplie de thé, notre esprit peut être rempli, soit de pensées anarchiques provenant d’un esprit confus, soit de clarté, fruit de la concentration inébranlable d’un esprit clair.

Le café vient du mot arabe « Cahouah » qui désignait cette boisson provenant de la province éthiopienne de Kaffa, se transforma en « kahve » en turc puis en « caffè » en italien. Il reste, aujourd'hui, symbole de l'art de vivre occidental. Au XVIIIe, la France joue un rôle essentiel dans le développement du café aux Amériques, grâce à ses plantations antillaises où règne l’esclavage.

Quant au chocolat, connu depuis plus de 4000 ans, il est latino-américain, et présente, encore de nos jours, un caractère sacré. Les Aztèques associaient le chocolat avec Xochiquetzal, la déesse de la fertilité. Le livre de la Genèse Maya, le Popol Vuh, attribue la découverte du chocolat aux dieux.

Il est donc force symbolique, composante de l’aliment des dieux, avant son adoption gourmande par le « Vieux-Monde ». Noir, au lait ou blanc, le chocolat reste toujours source de plaisir et nous ramène à nos souvenirs d'enfance.

Concernant les salons littéraires, s'ils existent depuis longtemps, ils ont connu leurs essors au siècle des Lumières. Ils étaient le plus souvent tenus par des femmes qui recevaient régulièrement chez elles des personnalités importantes venues de tous les horizons tels que: des écrivains, des peintres, des savants, des philosophes... Ils y discutaient de l'actualité littéraire et politique. Ils ont joué un rôle certain dans la diffusion des nouvelles idées de l'époque. De plus ces salons ont permis de créer des liens entre ces invités parfois venus d'autres pays.

Par exemple, chez Madame Marie-Thérèse Rodet Geoffrin (1699-1777), salonnière, on ne recevait que des célébrités littéraires et philosophiques, telles que Diderot, Marivaux, Grimm, Helvétius… On sait aujourd’hui que les salons ont préparé le « terreau » de la Révolution française par leur influence certaine sur l’opinion publique : même les ministres écoutaient les discours éclairés des philosophes sur la politique et la culture. En fait, le véritable objet de ces rencontres est de trouver les moyens de contribuer au bonheur de l’homme, directement tributaire, croit-on, du progrès et du nouvel humanisme naissant.

Quant au Musée Cognacq-Jay, il rassemble les œuvres du XVIIIe siècle acquises entre 1900 et 1927 par Ernest Cognacq, fondateur des Grands magasins de la Samaritaine, et son épouse, Marie-Louise Jaÿ. A sa mort en 1928, Ernest Cognacq lègue ses collections à la Ville de Paris afin de perpétuer une présentation de ses œuvres, évocatrices du siècle des Lumières, au public. Ouvert en 1929 sur le boulevard des Capucines, dans un bâtiment jouxtant la Samaritaine de Luxe, le musée a rejoint l’Hôtel Donon, demeure historique du Marais, en 1990.

Tarifs : plein tarif : 7 € - tarif réduit : 5 €

Horaires : Ouvert de 10 heures à 18 heures, du mardi au dimanche (fermeture des caisses à 17h15). Fermeture le lundi et les jours fériés.

Accès : Musée Cognacq-Jay  8, rue Elzevir  75003 Paris

Tél. : 01.40.27.07.21 - Métro : Saint-Paul, Chemin-Vert, Rambuteau -  Bus : 29, 69, 76, 96

Le musée n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite

(Légende photo : Carmontelle (1717-1806), Mme la marquise de Montesson, madame la marquise du Crest et Mme la comtesse de Damas prenant le thé dans un jardin, dessin lavé d’aquarelle et rehaussé de pastel, Paris, musée Carnavalet. © Musée Carnavalet / Roger-Viollet )

 

 

 

Legende :