« Ô vous, frères humains » Luz dessine Albert Cohen - musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) du mardi 6 décembre 2016 au dimanche 28 mai 2017

« Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant. » Albert Cohen, 1972
« […] courant 2015, j’ai ressenti le besoin de relire Ô vous, frères humains. J’ai été plus puissamment encore frappé par le calvaire psychologique de ce petit garçon, déambulant à la lisière de la folie, par le message testamentaire d’Albert Cohen... » Luz, (5 février 2016)


Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme expose les planches originales du roman graphique de Luz, "Ô vous, frères humains", adapté du récit éponyme d’Albert Cohen. Quatre ans après avoir obtenu une reconnaissance internationale avec Belle du seigneur, Albert Cohen publie "Ô vous, frères humains" (Gallimard, 1972). Alors âgé de soixante-dix-sept ans, l’écrivain place au cœur de son ouvrage l’un des événements les plus traumatisants de sa vie : en 1905, le jour de ses dix ans, il subit en public les insultes antisémites d’un camelot à Marseille. Douleur, colère et désespoir vont ébranler son sentiment de sécurité, fragilisant à jamais ses certitudes sur la fraternité des hommes. C’est en évoquant cette expérience, que l’écrivain lance un appel à la mémoire d’une humanité commune et solidaire.
Quelques mois après l’attaque terroriste du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, au cours de laquelle périssent ses amis et collègues, Luz publie Catharsis chez Futuropolis. Dans ce « carnet de santé en images », il décrit le choc provoqué par les attentats. Toujours habité par le thème de la perte de l’innocence, il s’empare ensuite du récit autobiographique d’Albert Cohen.
À partir de ce texte, qui l’a profondément marqué pendant l’adolescence, il livre un roman graphique poignant et singulier. L’album paraît en avril 2016 chez le même éditeur.
L’exposition des 130 dessins du roman graphique de Luz, prêtés par l’artiste, permet de faire redécouvrir au public l’un des textes les plus forts et les plus émouvants d’Albert Cohen. En regard de ce manifeste humaniste, l’exposition présente des archives issues du fonds Albert Cohen récemment acquis par le mahJ.


À propos :
Cette exposition a reçu le soutien de la direction régionale des Affaires culturelles d’Île-de-France - ministère de la Culture et de la Communication, de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l'Antisémitisme (DILCRA).
En partenariat avec France Inter et Futuropolis.


Pour en  savoir plus : https://www.mahj.org/fr/


Informations pratiques :
mahJ - Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
Du mardi au vendredi : 11 h à 18 h
Samedi et dimanche : 10 h à 18 h
Les caisses ferment 45 minutes avant la fermeture du musée.
    Attention, depuis le 1er septembre 2016, le mahJ est désormais ouvert du mardi au dimanche et fermé le lundi (sauf pour les visites en groupe sur rendez-vous)

    Pour votre sécurité, des procédures de contrôle renforcées sont en vigueur à votre arrivée dans le musée.

L’ouvrage "Ô vous, frères humains" d'après l'œuvre d'Albert Cohen (Futuroplis, 2016, 136 pages, 19 €)

Alors âgé de 77 ans, Albert Cohen publie un livre qui révèle l’événement marquant qui a dévasté son enfance et marqué sa vie : sa découverte de l’antisémitisme. Le jour de ces dix ans (en 1905), le jeune Albert arpente les rues marseillaises à la recherche d’un petit cadeau pour sa mère. Il est fasciné par le bagout d’un camelot qui s’adressera pourtant à lui en le traitant de « sale youpin ! ». Les insultes antisémites résonneront pour toujours à ses oreilles. Dans ce livre intense, triste mais sans virer jamais au pessimisme, Albert Cohen déploie la beauté de son écriture lyrique pour montrer la violence de sa blessure enfantine. Un beau livre, malheureusement intemporel, qui fait réfléchir sur l’absurdité de toutes les formes de racisme et de discrimination. Plus de cent ans après les faits, Luz s’empare de ce récit autobiographique pour en donner une version illustrée poignante et inédite. Sans jamais trahir l’oeuvre de l’écrivain, il raconte l’intégralité de l’histoire mais ne garde du livre que le monologue destructeur du camelot et la puissance du texte des trois derniers chapitres, qui évoque les camps de la mort.
Source : http://www.futuropolis.fr/

YG

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