Richesse et diversité des Rites

  • Rite Ecossais Rectifié
  • Rite Emulation
  • Rites Ecossais Ancien et Accepté
  • Rite Français
  • Rite d’York
  • Rite Standard d’Ecosse

 

Les Franc-maçons ne se contentent pas de plusieurs obédiences, il leur faut aussi plusieurs rites, ce qui peut ajouter à la complexité et à la difficulté, pour les néophytes et les apprentis, de trouver leurs repères dans un univers qui peut leur apparaître complexe et enchevêtré. Pourtant tous les maçons sont tournés vers le même mystère entier de l’Être, mystère qui est une totalité et vers lequel les chemins maçonniques des différents rites convergent.

Certaines obédiences sont organisées sur la pratique d’un seul rite, d’autres sur plusieurs, mais toutes les obédiences régulières travaillent selon ces rites exclusivement aux trois premiers degrés d’Apprenti, de Compagnon et de Maître. Les Hauts Grades (en anglais « side degrees ») propres à chaque rite sont l’apanage de corps maçonniques séparés. On désigne communément ces corps maçonniques sous le vocable de « juridictions ». La fréquentation d’une juridiction est autorisée pour les Maîtres Maçons de la GLNF pour autant que cette dernière n’accepte en son sein que des Maîtres appartenant à des obédiences avec lesquelles elle entretient des liens d’amitié.

Après les 3 premiers degrés, le perfectionnement dans un rite est possible par la fréquentation des ateliers de hauts grades du même rite, mais certaines juridictions acceptent au cas par cas de recevoir en leur sein des Maîtres Maçons issus de rites différents. L’exemple le plus flagrant est l’Arche Royale.

Chaque rite repose sur un rituel, organisé en sections par degré. On parle couramment de rituel du 1er degré, ou rituel d’Apprenti, de rituel du 2ème degré, ou rituel de Compagnon et de rituel du 3ème degré ou rituel de Maître. Cette gradation des rituels correspond à une progression organisée des symboles qui y sont présentés aux Frères selon le grade où les travaux se font. On peut dire ainsi que chaque rituel canalise un parcours de progression jonché de symboles.

L’ordre dans lequel les symboles sont présentés est intégré dans une scénographie et une gestuelle propres à chaque rite. L’enchainement des scénographies et des symboles détermine le chemin initiatique du rite, selon une logique particulière de construction de l’espace sacré par séparation du monde profane et de dévoilements successifs des mystères auxquels la maçonnerie invite ses membres car, à l’instar des « mystères » joués sur le parvis des cathédrales, les rites en figurent la représentation, tout en invitant les membres de la Loge à jouer successivement les rôles qui lui feront vivre ce qui est indicible, c’est à dire ce dont le discours explicatif est incapable de rendre compte.

C’est la raison pour laquelle il ne sert à rien de vouloir progresser en maçonnerie avec la littérature maçonnique, sans vivre le rite de l’intérieur, au sein de la « poesis » maçonnique, qui figure un « entendement » dépassant la raison classique. La pratique du rite est un « art » et c’est cet art, dont l’objet est le sujet lui-même, cet art, nommé « Art Royal », qui transforme le maçon tout au long du processus de son initiation progressive aux 3 degrés. Cette progression se fait dans la logique du rite.

Chacun d’eux a son histoire, son origine, ses influences et sa sensibilité. Au départ fourmillant d’inventivité et de « styles » propres à chaque Loge en Ecosse par exemple, les rites se sont peu à peu normalisés, essentiellement en fonction des cultures où ils se sont développés et des grands personnages qui les ont formalisés, puisant parfois à des courants divers (tradition opérative, gnose chrétienne, néo-platonisme, alchimie, kabbale, idéal chevaleresque, théosophie et philosophie, etc.). Certains rituels sont fixés depuis plusieurs siècles, d’autres sont plus récents et évoluent peu à peu.

Il faut distinguer ce qui est du rite proprement dit, qui concerne les travaux d’ouverture, fermeture de la Loge, réception initiation, passages et élévations des impétrants, de ce qui est du ressort des us et coutumes des obédiences et des Loges, concernant les planches par exemple ou les protocoles de réception de visiteurs. 

La GLNF offre à ses membres la possibilité de visiter des Loges pratiquant un rite différent du leur. Elle donne aussi la possibilité de pratiquer plusieurs rites en visitant régulièrement ou en s’affiliant à plusieurs Loges. Pour un Maître Maçon, il est toutefois préférable de dominer d’abord la pratique de son rituel de "naissance", avant de diversifier sa pratique avec d’autres rituels fonctionnant sur une logique différente.