Histoire de la GLNF

En 1913, La Grande Loge Nationale Française (GLNF), alors dénommée Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière (G.L.N.I.R.), est née avec une culture internationale, ouverte au monde et à la pluralité.

Il est très important de comprendre que c’est pour se référer immédiatement aux principes universels de la Franc-maçonnerie internationale, que la G.L.N.I.R. (devenue GLNF aux lendemains de la 2ème Guerre mondiale) s’est fondée, se détachant des particularismes hexagonaux développés par le Grand Orient de France.

Le 3 décembre 1913, lors de la Tenue trimestrielle donnant lieu à sa “Quarterly Communication”, le Grand Secrétaire de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), Sir Edward Lechworth, donna lecture d’un message solennel du Grand Maître, le Duc de Connaught : Placé en face d’une interdiction formelle du Grand Maître du Grand Orient de France de travailler au nom du Grand Architecte de l’Univers, un corps de Francs-Maçons de France a résolu, fidèle à ses engagements maçonniques, de maintenir les vrais principes et doctrines du métier et a uni plusieurs Loges en une "Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière" pour la France et les Colonies françaises.

Ce corps nouveau a fait auprès de moi une démarche demandant qu’il fût reconnu par la Grande Loge Unie d’Angleterre et, ayant reçu l’assurance qu’il s’engage à adhérer aux principes de la Franc-Maçonnerie que nous tenons pour fondamentaux et essentiels, j’ai donné avec joie mon assentiment à l’établissement de relations fraternelles et à l’échange de représentants.

Cette relation internationale première et forte donna lieu à la pratique du Rite Écossais Rectifié né en France au XVIIIe siècle et, à l’époque, toujours pratiqué en Suisse, puis très rapidement à celle des rites anglo-saxons Émulation puis York.

La création de la Loge “France” à Londres et le vecteur international des Loges militaires : alors que la première guerre mondiale aurait pu être fatale à l’obédience naissante, la création sur le sol français par des militaires britanniques des “Loges militaires” fut un facteur fort pour la culture internationale de l’obédience dès ses premières années d’existence. Cependant l’Irlande tarda jusqu’à mai 1925 à accorder la Reconnaissance de la GLNIR, en raison de la faiblesse numérique de cette dernière.

En 1929, la déclaration de la GLUA, portant sur les “ Basic Principles” de la Franc-Maçonnerie régulière, fut un  accélérateur. L’adoption des Basic Principles comme règle convergente par toutes les Grandes Loges Régulières conforta les bases d’un réseau international homogène, dans lequel la GLNF se trouva de fait inscrite. Ce sont ces Basic Principles auxquels les Frères de la GLNF s’interdisent de déroger.

Après cette déclaration de 1929 et la reconnaissance des Trois Grandes Loges britanniques, la GLNIR déploya des relations internationales avec toutes les Grandes Loges du Commonwealth. Les sept Grandes Loges canadiennes, ainsi que les six Grandes Loges australiennes et la Nouvelle-Zélande acceptèrent ainsi d’échanger des garants d’amitié avec la GLNIR. En revanche, en Europe et aux États-Unis, la GLNIR se heurta à la forte implantation historique de la Grande Loge de France (GLDF), pratiquant le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) et puissamment relayée par son Suprême Conseil, (le 2ème au monde après celui de la juridiction Sud d’Amérique du Nord). En 1937, la GLDF était reconnue par 62 Obédiences, dont 12 Grandes Loges européennes et 36 américaines. À titre de comparaison, en 1939, 37 Grandes Loges étrangères reconnaissaient la GLNIR, dont huit Grandes Loges américaines et six Grandes Loges européennes.

Après la 2ème guerre mondiale, entre 1952 et 1964, la création d’une vingtaine de Loges liées à la présence de militaires de l’OTAN, ainsi que le déclin international de la GLDF, favorisèrent le rayonnement de la GLNF dans les Grandes Loges américaines. Le traité consenti entre le Grand Orient (GO) et la GLDF en 1964 signa le déclin international de cette dernière et précipita le retrait de la reconnaissance que lui accordaient encore un grand nombre de Grandes Loges américaines. Cette bascule fut accompagnée de la scission du Suprême Conseil de France (SCDF) pour le REAA et de la création du Suprême Conseil pour la France (SCPF), lequel établit des relations d’amitié avec la GLNF.

Le nouveau Suprême Conseil lié à la GLNF fut immédiatement reconnu par les Suprêmes Conseils américains comme le vrai Suprême Conseil, fidèle à l’Ordre et à sa Tradition historique. Sous l’impulsion de Nat Granstein, haute figure de la 2ème Guerre mondiale, la GLNF connut dès lors un grand essor de ses traités d’amitié avec la plupart des Grandes Loges Régulières en Amérique du Nord et en Europe.

À partir de cette époque, la GLNF fut reconnue comme la seule obédience régulière sur le territoire français. Toutefois, en 1970, elle ne comptait encore que 4 000 membres. Elle connut un développement régulier jusqu’à la fin du millénaire pour compter 27 000 membres en l’an 2000. À partir des années 70, la G.L.N.F. participa à l’implantation de la Franc-Maçonnerie régulière dans la péninsule ibérique.

La création de Districts en Espagne puis au Portugal déboucha sur la création d’une Grande Loge dans chacun de ces deux pays. La GLNF entreprit également une action de sensibilisation des chefs d’État du continent africain sur les bienfaits que pourrait apporter la Franc-Maçonnerie dans leurs pays.

Les consécrations des Grandes Loges, notamment du Gabon, de Côte-d’Ivoire, du Burkina Faso, du Sénégal, du Togo, du Bénin, de Madagascar, de Guinée, du Mali, du Maroc, de Djibouti et du Cameroun en sont l’aboutissement. À partir des années 90 et de la chute de l’Union Soviétique, la Franc-Maçonnerie régulière progresse dans les pays d’Europe centrale et orientale.

Pas moins de 14 nouvelles Grandes Loges voient le jour, sur une mémoire maçonnique inexistante ou effacée. Les Grandes Loges régulières expérimentées leur offre leur concours. La GLNF participe aux rencontres et consacre pour sa part plusieurs Grandes Loges, notamment en Pologne, en Russie, en Arménie, en Ukraine (en 2005 pour cette dernière, conjointement à la Grande Loge d’Autriche), pour ne pas citer le cas de l’Iran, dont elle accueille la Grande Loge en exil, après en avoir créé le District 30 ans auparavant.

En 2007, la Grande Loge Unie d’Angleterre organise la première réunion de tous les Grands Maîtres de toutes les Grandes Loges reconnues comme régulières en Europe et il est décidé que la réunion qui suivrait entre tous les secrétaires des mêmes Grandes Loges se tiendrait à Paris. À partir des années 2002, la GLNF étend sa reconnaissance à l’Amérique Latine, conforte sa position en Afrique, dans l’océan indien  et crée deux Loges en Asie Pacifique.

La GLNF est présente et active dans le monde entier. Elle établit des relations d’amitié avec les Grandes Loges sud-américaines et devient membre, au titre de la zone II Caraïbes, de la puissante Confédération Maçonnique Interaméricaine (CMI) qui regroupe les Grandes Loges d’Amérique Latine. Elle se préoccupe dans le même temps de régulariser des liens d’amitié avec tout ou partie des Grandes Loges présentes au Mexique et au Brésil.

Sur le continent africain, elle s’intègre à la Conférence des Grandes Loges, est rejointe par la Grande Loge d’Afrique du Sud, puis est choisie pour  organiser une réunion annuelle des Grandes Loges africaines.

En novembre 2006, la GLNF organise à Paris la VIIIe Conférence Mondiale des Grandes Loges Maçonniques à laquelle sont conviées 196 Grandes Loges Régulières.

Entre 1997 et 2007, la GLNF participe à la consécration de 11 Grandes Loges et en reconnaît 36, (8 en Afrique, 4 en Amérique du Nord, 7 en Amérique Centrale et Sud et 17 en Europe). Entre 2008 et 2010, elle assume son rang en participant à la plupart des manifestations maçonniques d’importance dans le monde.

Entre 2010 et 2012, la situation de crise de la GLNF a été suivie avec une très grande attention par les Grandes Loges Régulières.

Parmi les 170 Grandes Loges avec lesquelles la GLNF était en reconnaissance réciproque, une cinquantaine d’entre elles a alors considéré que la situation de graves troubles internes et de conflits à laquelle la GLNétait confrontée justifiait de leur part la suspension de leurs relations ou de leur reconnaissance, voire le retrait de cette dernière.

En décembre 2012, l’élection du nouveau Grand Maître signe pour la GLNF la sortie de crise. Cette élection permet la reprise d’une activité internationale soutenue. Manifestée par la présence et la prise de parole du Grand-Maître dans diverses manifestations maçonniques majeures. Après la célébration du centenaire de l’obédience en 2013, le rétablissement international de la GLNF s’amorce par une vaste vague de retour des reconnaissances de la part de Grandes Loges très importantes comme la Grande Loge du Brésil ou celle du District of Columbia (Washington DC). Il trouve sa consécration en 2014, par le retour des liens d’amitié entre les Grandes Loges britanniques et la GLNF puis le retour de la reconnaissance de 5 Grandes Loges européennes, un temps tentées par l’aventure d’une Confédération Maçonnique Française créée autour de la GLDF.

La GLNF est aujourd’hui redevenue une Grande Loge faisant référence dans la concert des Grandes Loges régulières, plus particulièrement en Europe continentale.